OLYMPISME JEUX EN NORD-PAS-DE-CALAIS GUY DRUT

Guy Drut, médaillé d'or aux Jeux olympiques de Montréal 1976 - dr CIO
  • Guy Drut, médaillé d'or aux Jeux olympiques de Montréal 1976 - dr CIO
  • par Jean-Pierre GUILBERT
  • extrait de son ouvrage " Jeux en Nord-Pas-de-Calais " - photo dr CIO
  • 1er août 2016
  • Édition Les Lumières de Lille

JEUX EN NORD-PAS-DE-CALAIS

GUY DRUT, MONTRÉAL 76... 40 ANS DÉJÀ

À quatre jours du début des Jeux de Rio, continuons à remonter le temps de l’histoire des athlètes régionaux dans l’Olympisme avec Jean-Pierre Guilbert. Il s’est intéressé dans son ouvrage « jeux en Nord-Pas-de-Calais » à Guy Drut. Souvenons-nous, Montréal 1976, un 110 m haies de légende et une médaille d'or pour le natif de Oignies... 

Vingt-huit juillet 1976. Il est 17h50 à Montréal, et 23h50 à Paris. Tous les Français sont à la maison devant leur petit écran. À Montréal, ceux qui ont effectué le déplacement n’ont d’yeux que pour cet athlète longiligne, la seule chance de médaille de notre athlétisme. Loin du Canada, à Oignies, où Guy Drut est né le 6 décembre 1950, les habitants se sont échauffés en même temps que lui. Leur champion a foulé la piste du stade d’entraînement, couru, accéléré, passé plusieurs haies, tandis que les supporters ont bu quelques bières, mangé des frites, mais à leur manière sont prêts à vaincre n’importe quel adversaire. Les commentaires vont bon train dans le patois qui caractérise les gens du Nord et qui enchante les oreilles. Guy Drut ne peut pas perdre parce qu’il est le plus fort. Les Nordistes ont regardé d’un oeil distrait les demi-finales du 400m masculin et les séries interminables du 5000m masculin. 

Peu importe qui a couru, peu importe qui a gagné et qui s’est qualifié, leur coeur bat pour un gamin de 26 ans, image de toute une ville, de tout un pays. Un terrible enjeu repose sur ses épaules dans la gigantesque enceinte canadienne. Sur l’aire de départ, Guy Drut est immobile, il observe ses adversaires. Comme lui, ils se concentrent, font le vide. Pour cette course à l’Eldorado, il y a là, la crème des hurdlers mondiaux, l’Allemand de l’Est Thomas Munkelt, les Américains Willie Davenport, champion olympique 1968, Greg Foster et James Owens, les Russes Vyacheslav Kulebyakin et Victor Myasnikov, champion d’Europe en salle du 60m haies, il y a surtout le redoutable Cubain Alejandro Casanas. 

À 14h30, heure locale, l’athlète cubain a dominé Guy en demi-finale, dans l’excellent temps de 13’’34 et a probablement installé le doute dans la tête du champion français. Qu’en est-il trois heures plus tard ? Quelques exercices de décontraction, des gestes amicaux puis les athlètes se positionnent dans les starting-blocks. La France ne respire plus et a les yeux rivés sur le cinquième couloir. S’il n’y a pas de faux départ, l’apnée ne durera qu’une bonne dizaine de secondes.

À 17h52, le pistolet du starter troue le silence. Des milliers de cris fusent de toute part : « Allez Guy ! » Son excellent départ laisse entrevoir une belle course. L’Américain Owens fait illusion durant deux haies, les autres ont déjà pris un peu de retard. À mi-course, il est devant avec un seul souci, ne pas se désunir, ne pas être rattrapé par la pression, en un mot : tenir. À sa droite, une ombre se profile, celle du Cubain qui dès la sixième haie amorce son retour. À la dixième et dernière haie, à quelques mètres de l’arrivée, Greg Foster heurte l’obstacle mais Alejandro Casanas tel un rapace fond sur sa proie. Avec toute son énergie, Guy Drut se lance sur le fil, tête la première. Trente centimètres séparent les deux hommes à l’arrivée mais l’essentiel est conservé. En 13’’30, Guy Drut est champion olympique, huit ans après Colette Besson. Une immense clameur monte du stade olympique comme des chaumières de Oignies et de l’Hexagone.

Chacun vole au secours de la victoire, affirme ses certitudes, se découvre être son ami. Les superlatifs fusent et ne suffisent pas à satisfaire l’euphorie ambiante. Drut est rentré dans la légende. Le lendemain, la presse est dithyrambique. Il effaçait de sa mémoire la défaite de 1972, à Munich où l’Américain Rod Milburn l’avait battu en finale de la même épreuve (13’’24 contre 13’’34). Une course qui fit entrée le tricolore dans l’histoire du sport tricolore !

 

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