COMMENT DANIEL LECLERCQ A-T-IL EMMENÉ LENS VERS LE TITRE DE CHAMPION DE FRANCE ?

  • photos D.R
  • 29 novembre 2019

COMMENT DANIEL LECLERCQ A EMMENÉ LENS

VERS LE TITRE DE CHAMPION DE FRANCE ?

 

La disparition de Daniel Leclercq a laissé un grand vide chez tous les amateurs de foot, qu’ils soient supporters du RC Lens ou non. Pour certains, le « Druide » était le Nord. Pour d'autres, il incarnait aussi la France, une nation qui érige le panache et la haine de la défaite au panthéon des vertus humaines.

Source : www.europsort.fr

Le plus grand exploit de sa carrière d’entraîneur reste le titre de champion de France offert à Lens en 1998. Certes, il y a eu la coupe de la Ligue l’année suivante ou la demi-finale de Coupe UEFA en 1999-2000, mais c’est sans aucun doute le titre national qui est le plus riche d’enseignements. Car la réussite de Daniel Leclerc tient à la rencontre entre un discours audacieux et une génération prête à se sacrifier pour le mettre en œuvre.

Si Daniel Leclercq n’est plus, les supporters du RC Lens attendent toujours que leur équipe retrouve la Ligue 1. Vous pensez que cette saison sera la bonne ? Alors, n’hésitez pas à parier sur une victoire des Sang et Or sur PMU. Si vous perdez votre pari, pas de panique : on vous rembourse jusqu’à 100 € de mise grâce au code promo PMU (voir détails ici).

Été 1997 : Daniel Leclercq arrive au RC Lens

sur un champ de ruine

Lorsque Daniel Leclercq prend en main l’équipe première, le RCL sort d’une saison catastrophique, à l'issue de laquelle il a frôlé la relégation. À ce stade, n’importe quel entraîneur aurait reconstruit l’équipe en partant de derrière et en mettant en place un jeu de contre-attaque. Leclercq n’a pas cette vision-là : pour lui, le football est un spectacle où l’on doit gagner à la fin. Comprenez : vous devez l’emporter en jouant bien.

Guillaume Warmuz, dans un hommage à son ancien entraîneur confirme ces dires. Il aimait le football champagne et refusait de jouer défensif. Pour mesurer la radicalité de ses idées, rappelons-nous que la même année, la France avait gagné la Coupe du Monde grâce à ses défenseurs, Thuram et Blanc en tête. Leclerc était en total décalage avec la doxa footballistique de la fin des années 90.

Lorsqu’il débute sur le banc, la majorité de l’équipe est déjà en place. Le club recrute peu, mais sur toutes les lignes. En défense, José-Karl Pierre-Fanfan arrive de Dunkerque. Stéphane Ziani est chargé de densifier le milieu de terrain tandis qu’Anto Drobnjak, qui évoluait à Bastia, vient prendre le poste d’attaquant de pointe. Recrutement limité et ambition démesurée : le cocktail est explosif.

Source : www.lequipe.fr

Saison 97-98 : le RC Lens de Daniel Leclercq

arrache le titre des mains du FC Metz

Dans un championnat de France qui n’est pas encore inondé de capitaux privés (et étrangers), aucune équipe ne domine réellement. Entre 1993 et 2001 (le début de l’ère lyonnaise), pas un seul club n’a réussi à être champion deux fois de suite. C’est donc une saison indécise qui s’annonce.

Le RC Lens prend d’emblée les commandes à la suite d’une victoire face à Auxerre. Lors de ce match, Leclerc a mis en place une équipe très offensive avec un trio d’attaque Brunel-Smicer-Drobnjak. À mesure que l’automne arrive, l’équipe est dans le dur. À la trêve hivernale, elle est 6e. Le FC Metz est champion d’automne. Lors de cette 1re partie de championnat, Messins et Parisiens se sont partagé la tête.

En deuxième partie de saison, le titre se dispute entre l’AS Monaco, l’OM et Metz. Lens, en embuscade, s’empare de la tête à la 30e journée, à la suite d’une victoire sur son rival messin à Saint-Symphorien. Au-delà du symbole, ce match va galvaniser les Lensois, qui réaliseront un quasi-sans-faute par la suite : victoire contre Rennes, Cannes et Bastia, puis un nul face à Auxerre qui leur assure le titre. Daniel Leclercq a réussi son pari : Lens est champion de France pour la première fois de son histoire.

La méthode Daniel Leclercq : attaque, panache

et haine de la défaite

Le titre du RC Lens tient autant à l'audace de Daniel Leclercq qu'à la qualité humaine de son groupe. Car les idées d’un entraîneur ne sont rien s’il n’y a pas les hommes pour les mettre en pratique. La plupart des cadres de l'équipe championne de France ont été formés au club (où y étaient depuis plusieurs années) et/ou sont originaires de la région lensoise : Guillaume Warmuz, Jean-Guy-Walemme, Éric Sikora, Mickaël Debève, Frédéric Déhu. Pour qui connaît les joueurs, on est loin des petites stars surpayées. Ce sont des hommes du Nord, durs au mal et travailleurs. Comme leur entraîneur. C'est à partir de là que la symbiose a pu s’opérer.

Deuxièmement, à la fin des années 90, le foot français était raillé pour son jeu défensif. On accusait les entraîneurs de chercher le nul plutôt que la victoire. Lors de la saison du titre, le meilleur buteur Stéphane Guivarch a fini avec 21 buts.

Leclercq avait une conception du football à l’opposé de ses confrères : il voulait du spectacle et les 3 points. Sa force est d'avoir su mettre en place, avec des moyens limités, un jeu certes différent, mais très efficace. Car on pourra gloser sur la force de caractère des nordistes, Gervais Martel n’avait pas beaucoup d'argent pour recruter et Leclercq a dû s'adapter à la situation. A l'intersaison, il y a d'ailleurs eu bien plus de départs que d'arrivées, preuve que les finances étaient compliquées.

La réussite de Daniel Leclercq nous rappelle qu'être français, c'est faire preuve d'esprit de conquête et de panache. Alors que l'espoir semblait vain, il a transformé en champion de France une équipe relégable grâce à son âme de mousquetaire. C'est d'ailleurs animé du même état d'esprit que le XV de France, quelques années plus tard, a réussi à battre la Nouvelle-Zélande en demi-finale de coupe du Monde. La mort du druide nous rappelle à la réalité : cet esprit « Dartagnesque » a presque disparu dans l’élite du sport français, toutes disciplines confondues. À part peut-être en Coupe de France.