USL DUNKERQUE COMMENT LE CLUB EST-IL PASSÉ DU VENTRE MOU AUX AVANT-POSTES DU NATIONAL 1 ?

  • décembre 2019
  • photos usldunkerque.com et ostadium.com

USL DUNKERQUE

DU VENTRE MOU AUX AVANT-POSTES DU NATIONAL 1

Champion d’automne de National, l’USL Dunkerque est l’une des grosses surprises de cette année. Les performances des hommes de Claude Robin ont certes enchanté la presse, mais personne n’a oublié que l’année dernière les bleu et blanc étaient avant-derniers du championnat à la même époque.

Si cette situation enthousiasme sans doute les jeunes supporters du club, la direction garde la tête froide. Le championnat est loin d’être terminé et surtout, à Dunkerque, le foot vit dans l’ombre du basket et du handball. Entre humilité et ambition, l’équipe dirigeante trace la route du club avec un objectif en tête : retrouver la Ligue 2 que l’USLD a quittée en 1996.

Vous pensez que les Maritimes seront promus à l’échelon supérieur en fin de saison ? Venez donc soutenir l’équipe au stade Marcel-Tribut ou même engager quelques paris sportifs sur les matchs retour. Si vous n’avez pas encore de compte chez un bookmaker, ouvrez-en un chez Unibet : le numéro 1 du prono en France vous rembourse jusqu’à 100 € sur votre 1er pari s’il est perdant (en savoir plus ici).

Union Sportive du Littoral de Dunkerque : l’éloge de la patience

Le National est un championnat très exigeant. Dunkerque le sait mieux que personne puisque le club évolue depuis la saison 2013-2014 à ce niveau. L’année dernière, à la 8e journée, le club était lanterne rouge avec seulement 3 points. L’arrivée de Claude Robin a permis de stopper l’hémorragie et surtout de faire une deuxième partie de saison canon, avec 30 points obtenus après la trêve hivernale.

Selon le secrétaire général de l’USLD Edwin Pindi, les difficultés du club en début de saison étaient dues au large renouvellement de l’effectif, qui plus est mal maîtrisé. Pour préserver la bonne dynamique de la deuxième partie de saison, la direction a mis en place à l'été 2019 une cellule de recrutement gérée par un ancien joueur du club, Kevin Lesportes.

Cette approche a été mise en place pour pérenniser l’équipe à moyen terme, et surtout pour éviter de se voir proposer des « mercenaires », qui sont en grande partie responsables du fiasco du début de saison dernière. L’altercation entre Bilel El Hamzaoui et Valentin Candas à l’entraînement en est un bon exemple. En mandatant un ancien joueur du cru, la direction affiche un message clair : « Nous voulons une équipe avec un ancrage local qui incarne les vertus dunkerquoises d’humilité et de courage. »

Claude Robin, l'homme par qui le miracle est arrivé

Recrutement : la difficile équation de l’USL Dunkerque

Toute la difficulté pour bâtir une équipe compétitive en National réside dans le ciblage des profils. À ce niveau, les joueurs de qualité ne manquent pas. Mais un club ambitieux n’ayant pas de moyens démesurés a besoin d’hommes ayant à la fois un plan de carrière et le sens du sacrifice.

Pour illustrer ce point de vue, il suffit de comparer les stratégies de recrutement de l’USLD et de Cholet au poste de gardien de but, un poste considéré comme capital par Edwin Pindi. Les nordistes ont misé sur un jeune gardien de 24 ans, Axel Maraval. Cholet, de son côté, a misé sur l’ancien Brestois Steeve Elana, qui compte près de 300 matchs en Ligue 1.

Maraval, lui, n’a que 25 ans, mais a déjà un sacré vécu. Il a été formé à Monaco, a joué les qualifications à la Ligue Europa avec Domzale (Slovaquie) et est passé par Sedan. Il est jeune, performant, revanchard et très expérimenté. Pour donner du poids à cette comparaison, notons que Dunkerque a battu Cholet 4-0 lors du dernier match de la phase aller. La défaite a même précipité le limogeage de l'entraîneur Erol Malkoç.

Pour étoffer son effectif, Dunkerque a aussi misé sur des joueurs en prêt. Cette année, le club a notamment réussi à attirer Alexandre Laurey (Bordeaux) ou Iron Gomis (Amiens). Cette stratégie, mue par une nécessité économique, peut porter ses fruits : il n’y a pas grande différence entre un joueur prêté et un autre qui signe pour un an. Tout dépend encore une fois du profil humain.

Dunkerque mise sur un recrutement collégial

Le travail de la cellule de recrutement à l’intersaison était d’autant plus compliqué que des cadres comme Jean Jacques Rocchi ou Mathias Serin sont partis. Pour faire une équipe compétitive, le club mise sur un travail d’équipe, comme l’a déclaré Edwin Pindi dans la voix du Nord :

« Il y a d’abord le président, c’est lui qui est le patron et qui définit l’enveloppe budgétaire au niveau financier. Au quotidien, c’est moi qui suis chargé de gérer cette enveloppe. Au niveau du recrutement ensuite, c’est le sportif qui a le dernier mot puisqu’on part du principe que c’est l’entraîneur qui fait jouer son équipe. Il faut absolument que le joueur recruté soit apprécié par le staff et notamment son coach ».

L’avenir de l’USL Dunkerque : rénovation du stade Marcel Tribut

L’enceinte historique des Maritimes est (et restera) Marcel-Tribut. Le stade, construit en 1933, a été détruit durant la guerre puis reconstruit entre 1976 et 1977. Vétuste et ne répondant pas aux normes du football professionnel, il est actuellement en cours de rénovation.

Le projet a été accordé à un duo 100 % nordiste : Sockeel Architectes (Dunkerque) et Olgga (Lille). Les deux tribunes latérales vont être reconstruites afin de porter la capacité à 5 000 places assises. La piste d’athlétisme en tartan bleu va disparaître, ce qui permettra aux spectateurs d’être au plus près du terrain.

Dans le futur, si les performances du club attirent un nouveau public, deux tribunes latérales de 1 500 places peuvent voir le jour. Enfin, le stade aura un nouveau parvis pour accueillir le public dans les meilleures dispositions.

Après 6 saisons en National, qui se sont chaque fois terminées dans le ventre mou, Dunkerque a appris la patience et a su mettre en place une stratégie au long cours, parfaitement illustrée par la réfection du stade Marcel-Tribut. Ce travail a pu se dérouler sereinement, dans l’ombre de l’USDK (hand) du BCM Gravelines Dunkerque (basket). Avec une politique mêlant ancrage local, ténacité et patience, l’USLD peut légitimement viser plus haut dans les prochaines années. Et c’est tout ce qu’on lui souhaite.