COUPE DAVIS FINALE LILLE 2014 FRANCE vs SUISSE MONFILS - FEDERER APRÈS-MATCH GAËL MONFILS

Coupe Davis Finale Lille 2014 France vs Suisse Monfils-Federer photo Laurent Sanson
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  • par Laurent SANSON et source FFT
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  • 21 novembre 2014

COUPE DAVIS FINALE LILLE 2014 MONFILS vs FEDERER

GAËL MONFILS RELANCE LES BLEUS FACE A FEDERER

Très beau et solide vainqueur de Roger Federer en 3 sets sur le score sans appel de 6/1, 6/4, 6/3 lors du second simple de la première journée de cette Finale 2014 de la Coupe Davis, Gaël Monfils a produit une prestation de très haut niveau face au champion Suisse comme il l’a confirmé lors de la conférence d’après-match. Avec ce succès, la France remet les pendules à l’heure avant le double de demain samedi.

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les déclarations d’après-match de Gaël Monfils

coupe davis finale lille 2014 gaël monfils photo laurent sansonBien joué, Gaël ! Pouvez-vous nous donner votre version anglaise de ce que vous avez ressenti devant ce public et en jouant un match de si haute qualité contre un joueur du calibre de Roger Federer ?

Gaël Monfils : Pour vous dire la vérité, j’étais très nerveux au début, j'avais le trac parce qu'après la défaite de Jo, j'ai senti une pression supplémentaire. Il fallait essayer de se remettre dans le coup pour gagner ce titre et c'était une vraie pression. Puis, je dois dire que j'aime bien ces ambiances avec un grand court, avec un public qui était super. Au début, je leur ai demandé de revenir très fort, parce qu'ils avaient soutenu Jo et il fallait qu'ils reviennent pour le début de mon match. C'était bien parce qu'ils m'ont donné de l'énergie, ils m'ont donné le courage de bien commencer ce match et cela m'a beaucoup aidé à la fin aussi, parce que j'ai vraiment réussi à lâcher mes coups. Roger servait fort, il faisait de grands coups droits et après deux jeux, j'étais déjà entré dans le match.

Vous avez joué très souvent contre lui dans votre carrière, qu’est-ce qui vous a le plus aidé aujourd'hui ? Peut-être en termes de tactique est-ce que cela a été le match contre lui à l’US Open ?

GM : Beaucoup de matches m'ont aidé, notamment le match de Cincinnati aussi. J'avais perdu un 3 sets très serré. J'avais eu beaucoup d'occasions, à l’US Open j'avais changé de tactique et cela a été très serré aussi et j'avais pu le dominer pendant une grande partie du match et peut-être qu'à la fin j'ai eu un petit peu peur de gagner, mais là j'ai été un joueur différent, j'ai beaucoup mieux joué. J'avais des tactiques différentes, j'ai pu être beaucoup plus agressif et cela m'a beaucoup aidé aujourd'hui.

Comment évaluez-vous cette performance par rapport à tous les matches de votre carrière, vu l'occasion, vu l'ampleur du public ? C'est peut-être une des plus grandes victoires de votre carrière ?

GM : Cette victoire rentre effectivement dans les trois meilleures victoires de ma carrière. Tous ces éléments mis ensemble, je crois que c'est le plus grand match de ma vie.

coupe davis finale lille 2014 gaël monfils photo laurent sansonNous avons vu que d'autres joueurs ont vraiment bénéficié d'avoir gagné des matches comme celui-ci en Coupe Davis. Pensez-vous que cette victoire va vous aider en Grand Chelem à l'avenir ?

GM : Jusqu'à présent, je disais oui. J'ai fait deux quarts de Finale en Grand Chelem et ce n'était pas une mauvaise année pour moi. Ce match montre que quand je suis prêt, je peux faire de grandes choses. Ce n'est jamais facile d'arriver comme cela de but en blanc et de battre ce genre de joueur. J'étais frais aujourd'hui et je vois bien que si je travaille encore plus dur, je peux y arriver.

Tu n'as pas d'entraîneur à l'année sur le circuit. En Coupe Davis, c'est très différent parce que vous êtes encadrés dans la semaine et il y a un entraîneur sur le banc. Peux-tu me dire comment tu te sers de cela ?

GM : J'écoute. Dans l'année, j'écoute toujours. Certaines personnes me donnent des conseils, là cela reste pareil, on est très libre et très encadré à la fois. Que ce soit Arnaud qui donne des conseils ou que ce soit Gilles ou Jo, c'est un échange de toute l'équipe. A l'année ou pas à l'année c'est pareil. Je suis content d’avoir eu aujourd'hui un peu plus de réussite, mais j'ai l'impression que les derniers tournois que j'ai faits, j'ai joué à un niveau similaire.

Tu disais que tu étais tendu, très tendu avant le match, comment as-tu réussi à transformer cette nervosité en énergie positive et à te sublimer aujourd'hui ?

GM : Franchement, je ne sais pas. C'est hyper tendu, parce que je suis hypertendu avant le match mais finalement j'arrive sur le terrain, il y a l'ambiance. J’ai eu peu de réussite sur les deux/trois premiers points. Après, je n'arrive pas à trop expliquer. On tente, cela reste. Finalement, au bout d'un moment, la pression diminue. Une fois que l’on est dans le match, il y a la pression du match mais la vraie pression est oubliée. Souvent, il faut arriver à l’oublier le plus tôt possible. De temps en temps cela peut durer un set, un set et demi, deux sets. De temps en temps, on n'arrive pas à l'oublier. Aujourd'hui, j'ai réussi à le faire très rapidement.

Vous parliez de l'ambiance, on vous a vu pousser à plusieurs reprises, notamment dans le troisième set à 2-2, le public. Etait-ce indispensable pour vous ?

GM : Il fallait, parce que je sentais que cela l’agace forcément. Pour être honnête, j’en ai besoin, donc il faut le faire. On est là pour gagner. Il est rare quand on peut pousser, pousser, pousser. On arrive peu souvent, voire jamais, à un public contre Roger. Forcément, on est à la maison et il faut en profiter. Ce n'est pas facile d'avoir 27 000 personnes qui crient derrière soi, qui poussent et servir. Pas facile. Quand je demande uniquement que pour moi, je vois que ce n'est pas facile, mais c'est positif mais quand on est dedans, c'est encore plus dur.

As-tu senti Roger diminuer d'une façon ou d'une autre au début du match surtout, et as-tu fait complètement abstraction de cela ?

GM : C'est hyper dur, parce que je ne le regarde pas forcément. Je pars d'un principe encore plus avec Roger : s'il rentre sur un terrain, c'est qu'il pense qu'il peut te battre et je pense qu'il l'a bien dit. Il s'est senti diminué, il n'est pas rentré à la finale des Masters. S'il est rentré là, c'est parce qu'il pensait gagner et très vite j'ai regardé le radar qui marchait au début, il servait à 200. Je me suis dit : « Voilà ». On a tous eu des « pépins ». Je me rappelle à Montpellier où je m'étais bloqué le dos aussi ; je ne pouvais pas jouer pendant trois jours. Finalement, j'ai gagné le tournoi. Roger Federer est plus fort que moi. Forcément s’il s'est fait mal, comme tout sportif, il s’est reposé et après s'il se sent apte de jouer, c'est qu'il sent qu'il peut gagner. Aujourd'hui, j'ai eu un peu plus de réussite, peut-être qu'au début on a un peu moins de sensation. Il faut le dire, au début du match j'étais peut-être légèrement plus dur pour lui, mais je ne suis pas sûr que ce soit sa blessure. Je pense que cinq jours, il y a la tension, il revient, c'est plus dur, mais après je suis au couteau et je pense que je joue très bien et que j'essaie de ne pas le laisser rentrer dans son match. Diminué, à quel point ? Je ne sais pas.

Si tu rejouais un match en jeu ce week-end, serait-ce un match pour le point de la victoire ? Y penses-tu déjà ? Cela te fait-il envie ?

GM : Je n'ai pas envie, pour plusieurs raisons. La première j'ai envie que l'on gagne 3-1, et la deuxième tout simplement parce qu'avec les gars on pousse pour le même but. Les gars vont être prêts pour le double. Si on a gagné le double, j'espère que l'on fermera la rencontre à ce moment-là. Si on gagne bien sûr le double.

Y a-t-il une chance de te voir sur le terrain demain ?
GM : Je pense qu'on va parler un tout petit peu avec le capitaine, mais entre vous, je ne pense pas forcément.

Tu avais laissé planer le doute.
GM : On va en parler, mais je ne pense pas que j'ai une chance, mais on ne sait jamais.

Tu disais en anglais que cela faisait partie de ton top trois, de tes meilleurs matches ?
GM : Oui.

Qu'est-ce-qui t'a particulièrement plu dans ton tennis pour le classer dans ce top 3, au-delà de l'adversaire ?

GM : Ce n'est pas forcément dans le tennis, c'est plus le fait que ce soit une finale, en France, contre Roger, tout simplement. Et que j'ai réussi à faire une performance de A à Z. C'est pour cela. Ce n'est pas forcément une question de performance tennis pur, mais je pense que c'est le contexte d'avoir réussi. J'étais vraiment nerveux avant le match et d'avoir réussi à glisser, à être dedans tout de suite, contre lui encore plus et en France, sur une finale de Coupe Davis, forcément c'est un très gros match.

Quels sont les deux autres matches dans le top 3 ?

GM : La première fois que j'ai battu mon père et, pour moi c'est bizarre, mon meilleur match c'est une défaite, je le dis à chaque fois. C'est en 2004 contre Leyton Hewitt à Bercy où j'avais perdu 6-3 7-6. C'est le meilleur match de ma carrière pour l'instant, en ambiance, en souvenir et même en niveau. Je jouais moins bien, mais en niveau c'est le meilleur jeu que j'ai eu.

Il y a quelques semaines tu as pris une décision quitte ou double qui était celle de participer à Bercy. Est-ce que tu penses que ces trois matches, notamment celui de très bon niveau que tu avais contre Djokovic, ont une part dans ce que tu as fait aujourd'hui ?

GM : Les autres n'étaient pas de très bon niveau ? Je ne sais pas. C'est facile de le dire maintenant. Je n'ai aucune idée, mais j'ai envie de dire qu’il y a forcément du positif dans cela et que c'était une bonne décision. C'est plus simple.

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